Tsé les situations où une somme d’argent t'est transférée en échange de ta participation? Comment ça s'appelle déja?

Pendant quelques temps c’était comme cuisinier dans un restaurant que je vivais cette situation. J’avais 18 ans.

À 20 ans j’ai fait un DEP en multimédia. Les mois que j’ai passé dans ce programme ont coûté cher mais mais après ça ma participation à cette geekerie a graduellement basculé vers du temps payé. Ceci a continué jusqu’à l’âge de 33 ans. Durant ces treize années j’ai navigué dans un écosystème de pratiques du design et de la communication sur le web. Je me plaisais mais je sentais un abus. Je sentais que mon énergie était mal utilisée. Ce feeling est resté vague longtemps avant que je réalise la malheureuse directions dans laquelle j'avançais.

En reconnaissant cette incongruité et son impact dans mon corps, j’ai commencé à réduire mes activités HTMLiennes et je me suis engagé dans des choses comme la méditation et la danse. Mon temps passé dans ces nouvelles pratiques me faisait me sentir plus en équilibre alors j’ai continué et la proportion informatique/somatique est graduellement passée de 80/20 à 20/80 (même si c'est difficilement quantifiable).

Je sens aujourd'hui dans un nouvel endroit. Je réside dans le même corps, mais ma relation à son écosystème a changé. Et je commence à mieux comprendre que ma peau n'est qu'une des membranes et que l'écosystème est autant à l'extérieur qu'à l'intérieur de cette peau.

Cécité modulable

Ça peut coûter cher de vivre dans l’ignorance de ce qui nous échappe même si par définition, on ignore ce qui nous échappe. Parfois ce qui nous échappe arrête de nous échapper et là, ben il faut dealer avec de la nouvelle information. C'est souvent là que les gens ouvrent les yeux, ou s'achètent un chien et une cane si leurs yeux ne fonctionnent pas.

Une des choses que je savais intellectuellement mais que je n’arrivais pas à ressentir c’est les effets de l’énergie que je mettais dans l’industrie pour laquelle je travaillais. Cette industrie était un hybride entre les médias convergents, les médias interactifs, le logiciel et le commerce électronique. Nous étions en 1999 et les apps et les média sociaux n'étaient pas encore des plateformes.

Beaucoup de ce que je touchais était prometteur, le World Wide Web était prometteur. Prendre le pouvoir des mains de quelques conglomérats médiatiques et informatiques et le remettre dans les mains de plusieurs plus petits joueurs était une belle promesse. Mais ça n'a pas viré pour le mieux et je ne n'étais pas vraiment éveillé à ces réalités à ce moment-là.

L'investissement de ma créativité dans un industrie en pleine croissance n'était bien sur qu'une goute d'eau dans l'océan du monde des technologies. Comme travailleur, même si j'avais été conscient de tout ça, je n'aurais probablement pas fait un pli sur la poche d'argent de Mark, Sergei ou Steve. Mais au delà des effets positif que j'ai échoué à avoir sur une industrie, cette insensibilité face aux effets de mes actions s'est violemment manifesté dans mon corps. Elle m'a couté ma mobilité lombaire et l'intégrité de mon système immunitaire. J'ai été doucement malade toute ma vingtaine. Puis, j'ai passé ma trentaine à m'en remettre. Cette rémission est maintenant au centre de ma vie et elle implique mon corps et mon corps étendu (long body).

Contribuer

S'orienter, orienter son énergie, influencer les gens dans l'orientation de leur énergie. Voilà ce que j'ai conscientisé. À l'échelle d'un studio ou d'un bureau où se trouvent 30 personnes, ou d'une salle des spectacle avec 1000 personnes, les énergies des uns et des autres dansent ensemble et quelque chose est changé. À l'échelle d'une plateforme avec un milliard d'utilisateurs actifs, quelque chose aussi est changé. Mais à cette échelle, qui garde un oeil sur les intentions des créateurs de la plateforme?

They were very vocal about how everybody in Tahrir Square is using Twitter. And when they at least nominally liked the results, then Twitter was taking the credit. And when they don’t like the results, Twitter is a neutral tool. Right? And I’ve been that guy. I’m not pointing fingers. But we did learn that lesson.

And then if you look at every other professional discipline, you look at somebody who goes to law school, somebody who goes to business school, journalism school, medical school, every single one of those disciplines has a professional society that sets standards. And if you don’t meet them, you can be disbarred. You can lose your medical license. There’s an expectation about what you’re supposed to do.

And in the educational process, there’s an extensive ethical curriculum. The bridge has to stay up; it can’t fall down. You have a historical tradition where, in medicine, they’re going back to Hippocrates. In law, you’re like talking about English common law that happened centuries ago. And then in computer science, they’re sort of radically anti-historical. Not even ahistorical, just like, there is nothing before now.

We refuse to see — there is no before time. And there is zero ethical curriculum. You can get a top-of-the-line, the highest credential computer science degree from the most august institutions with essentially having had zero ethics training. And that is, in fact, the most likely path to getting funded as a successful startup in Silicon Valley.

-Anil Dash

Travaillons-nous à polluer ou à dépolluer? Je ne parle pas seulement de la pollution des gogosses des fermes industrielles et des gogosses de plastique, mais aussi de celle de notre système nerveux. Les médias sociaux nous connectent-ils ou contribuent-ils à une déconnexion? Parce que c’est parfois difficile à mesurer, nous ne pouvons pas toujours quantifier notre contribution ou notre nuisance à la santé des gens et de la planète. Nous devons nous fier à un feeling. Pour moi comme pour bien des gens ce feeling n'est apparu qu'à travers la maladie.

Trouver un rythme

Que ce soit au resto à 18 ans, à l'école de multimedia à 20 ans ou dans tous les projets que j'ai fait depuis, j'ai toujours travaillé environ 60h par semaine. C'était apprécié et encouragé dans le domaine des technologies et c'est une violence normale dans la Valley et sur Wall Street. Mais c'est aussi une violence que je vois chez les artistes et chez beaucoup de gens qui n'ont pourtant pas le retour financier de toutes ces heures travaillées.

Ayant vécu tout ça, je me demande de quelle façon je devrai investir mon énergie pour entretenir l'équilibre relatif que j'ai récemment atteint.

Si on pense de façon transactionnelle, cette nouvelle vie me rapporte déjà énormément. Se sentir 5% mieux dans son système nerveux et dans son coeur c'est inestimable. L’argent peut fluctuer de l’ordre de -90% ou +1000%, il est tout à fait possible de ne pas se sentir mieux ou pire.

Je crois être devenu meilleur à cibler mes investissements de temps et d'énergie mais pour vrai je n’ai aucune idée.

Je constate ma capacité d’être au service. Les expériences conscientes de guérison que j’ai vécu grâce aux enseignants de yoga, aux psychologues, à la communautés de méditation et d’éducation somatiques qui m’ont soutenu depuis une dizaine d’année constituent mon capital. Je suis en train de chercher comment l'investir.

Le désir d’aider (aider quoi?), de servir (servir qui? quoi?) n’était pas conscientisé dans le passé. Aujourd’hui il l’est. Mais cette conscience est élusive et je n’ai pas encore trouvé comment elle peut guider ma facturation.

Je ne sais pas comment décliner mon potentiel à servir. Je patauge comme tout le monde à me servir moi-même avant de servir les autres, et je constate que ce n’est pas aussi simple que dans les avions où on doit mettre le masque à oxygène sur soi avant de le mettre sur les autres. C’est moins mathématique que ça, tout le monde a besoin d’entraide et les fluctuation de "qui peut aider qui quand" sont plus chaotique qu’on voudrait l’avouer. Nos sentiments d'estime de soi ne sont pas assez fiables pour les laisser déterminer qui a besoin de l'aide de qui. C’est un tissu d’entraide dont nous avons besoin et non une série de transactions. Mais ceci n'est pas compatible avec ce que nous appelons l’économie (dans le paradigme actuel de la gestion d'états et de communautés).

Là je recommence à faire de l’argent via mes nouvelles pratiques qui composent maintenant mon quotidien. J’ai peur qu’un graphique en dents-de-scie ne se répète. Dans les année 2000 mon confort matériel a graduellement augmenté jusqu’à ce que la supercherie du “succès” s’effrite et que je me retrouve dans une impasse. Tout ça s’est fait sur la durée et je comprends que mes nouveaux moyens plus aiguisés d'observer vont m'aider. Mais j’ai quand même peur de l'aveuglement qu'apporte le focus d'une pratique engagée.

Last modified: avril 14, 2019

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