Je comprends le concept du hustle. Je comprends aussi celui du salaire de base. Je sais que ce n’est pas noir et blanc, et je sais aussi que survivre, vivre et prospérer est également un spectre. Je ne sais pas où je me situe dans tout ça.

Dans Spirited Away, après avoir traversé la rivière, Chihiro se rend compte qu'elle est dans un monde où les règles connues ne s'appliquent plus. Le soir venu, Haku, l'esprit d'une rivière polluée incarnée dans un sorcier, lui vient en aide:

Haku: Be still...
When things quiet down,
go out by the back gate
Take the stairs, all the way down
Until you reach the boiler room,
where they stoke the fires
Kamaji's there, so look for him

Chihiro:Kamaji?

Haku: Ask him for work
Even if he refuses, insist
If you don't work, Yubaba will
turn you into an animal

Chihiro:Yubaba?

Haku: You'll see
She's the sorceress who rules our world
Kamaji will turn you away,
trick you into you leaving,
but keep on asking him for work
It'll be hard work,
but it will give you a chance
Then even Yubaba can't harm you

Après un ou plusieurs chavirement d'univers, les gens cessent parfois de traverser les rivières. Le besoin de stabilité et de sécurité prend le dessus. Nous apprenons à résister à l'approche d'une nouvelle rive et après un certain temps nous n'y pensons plus, nous longeons la rivière et nous trouvons ce dont nous avons besoin sur ce côté du chemin.

Plusieurs d'entre nous n’ont pas développé ces réflexes de prudence sur les berges. Ce n'est pas un choix. Les enfants, les artistes et ceux qu'on diagnostique avec une propension à l'irrationnel doivent non seulement apprendre à nager, mais ils doivent aussi se débrouiller dans les nuits de l'autre côté.

Comment passer d'une rive à l'autre et survivre? Qui sont les passeurs, les capitaines de traversiers, les constructeurs de ponts?

Aux yeux de la société mes activités sont trop variées. Ma Yubaba et les fournaises que je négocie incluent les entrailles du système de financement des arts mais aussi celles d'un univers d'affaires du bien-être et de la créativité dans lequel je demande de l'argent en échange de ce que je fais. Je comprends, rationnellement, la nature transactionnelle de la chose et j'arrive parfois à jouer le jeu. Mais pas tout le temps. Où est mon Haku qui va m'indiquer le chemin vers l'escalier et la porte arrière? Quel masque mon esprit peut-il mettre pour voyager allègrement dans ce monde?

Il est possible que tout ce que j'ai à faire c'est être patient. Toutes les choses vont relativement bien dans ma vie. Les voix de la raison en moi et autour de moi ont raison. Je fais des choses, certaines sont belles, certaines sont utiles, je me sens beau, je me sens utile, les gens aiment ce que je fais, ils sentent une valeur à ma présence et mes actions.  Es-ce que c'est ça avoir une job?

Mais les voix de la raison n'ont accès qu'à un flan de la montagne. Très concrètement, du côté ombragé, il est parfois impossible de bouger la main pour soulever un verre d'eau, impossible de bouger les yeux pour lire la prochaine ligne du texte. Avoir une job ce n'est pas seulement être en relation avec un employeur, ou développer une architecture de calendrier personnel permettant de remplir des mandats payés. C'est un écosystème de relations qui commence avec la relation à soi, avec un chez soi qui permet le sommeil et les autres activités sous-jacentes au "bon fonctionnement" d'une personne.

Je suis relativement chanceux. J'ai tous les os, muscles, organes et connexions nerveuses auxquelles ce monde s'attend. Je suis une personne qui peut générer des oeuvres artistiques. Je suis capable de remplir les tâches que certains considèrent "une vrai job". Et pourtant...

Je sens qu'il est temps de me tourner vers l'écosystème dont je fais partie. J'en fais partie de toute façon. Si vous vous êtes rendu ici dans la lecture, je vous invite à me contacter si vous pensez pourvoir m’aider, ne serait-ce qu’en m’écoutant.

Avoir un emploi. Avoir un emploi du temps. Être créatif. Être payé.

Je vais devenir concret ici. Comme artiste je pratique le dessin, la danse et l'écriture. Comme gestionnaire culturel, j'organise depuis 4 ans un laboratoire de création annuel réunissant environ 70 artistes pendant 3 semaines. Je suis également concepteur d'expériences méditatives dont certaines ont une vie dans des évènements d'affaires, et d'autres comme installations artistiques.

Je suis à la recherche de gens avec qui parler pour m'aider à démêler mes priorités et développer des relations professionnelles et artistiques.

J'ai terminé mes études en danse à l'UQAM en décembre dernier et je fais maintenant des projets comme interprète et comme créateur. Je fais également du dessin et j'ai créé deux expositions en 2013 et en 2017. Mes dessins se trouvent sur Instagram et sur mon blog de dessins (https://instagram.com/lextrepanier/ et http://catastrographe.com/mosaics/).

Le laboratoire de création que j'ai mis sur pied en 2014 s'appelle Nous Sommes L'Été. Il est soutenu par le Département de danse de l'UQAM, le Département de danse contemporaine de l'Université Concordia et La Maison pour la danse de Québec. Nous bénéficions de 3 studios pendant 3 semaine à temps complet à Montréal et la même chose sur 2 semaines à Québec. Le site web du projet est au http://lete.ca et sa page facebook est http://facebook.com/NousSommesLete

Les expériences méditatives que je créé sont issues de mon expertise en multimedia, de mes différentes formations en enseignement du yoga et en éducation somatique ainsi que de mon instinct chorégraphique. J'ai conçu et produit des installations pour C2 Montréal, Tourisme Montréal et le National Programme for Happiness and Positivity des Émirats Arabes Unis.

Pour mes activités comme artiste, je suis à la recherche d'une manière d'intégrer l'entraînement de danse dans ma vie malgré la diversité de mes activités. J'ai besoin d'aide pour gérer mon image, mes spectacles, mes expositions et mes ventes. Je produis plusieurs petits dessins chaque semaine et une dizaine de plus grosses pièces par année. Ma production chorégraphique et mes activités comme interprètes sont irrégulières mais j’aimerais les amener au centre de ma vie pour un certain temps.

Le laboratoire Nous Sommes L'Été n'est actuellement pas structuré en OSBL. Nous sommes simplement 5 danseurs actifs dont vous pouvez lire les profiles sur http://lete.ca/a-propos/les-organisateurs/. Les deux membres du projet à Québec sont en contact avec des organismes locaux pour une éventuelle affiliation. Du côté de Montréal j'ai commencé des discussions avec des organismes ici sur les façons dont ce projet s'inscrit dans la communauté montréalaise. Je n'exclus pas de participer à la mise sur pied d'une OSBL pour subvenir aux besoins du labo et des initiatives connexes comme celles de Les Réservoirs et autres artiste à l'écoute des besoins du milieu.

Pour mes projets de conception d'expériences méditatives, j'agis actuellement comme pigiste mais je sens le besoin d'organiser mes activités pour qu'il devienne plus facile de déléguer des tâches et former des gens dans la conception et production de ces produits pour subvenir à la demande.

Ceci résume mon humeur et mes activités. J'aimerais avoir du temps pour mettre à jour mon site et mon CV, écrire sur mon blog, sur le blog de Nous Sommes L'été et pour des organismes qui voudraient de mes mots.

Certaine de mes activités sont déjà génératrices d'argent. D'autres sont en voie d'être financées. Je n'ai pas de demande particulière outre solliciter un peu votre attention (ce que vous venez de me donner si vous êtes maintenant rendu ici).

Merci!

Last modified: avril 14, 2019

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